DIABETE DE TYPE 2
Une histoire de sucre
Le sucre est un élément indispensable au bon fonctionnement des cellules de notre organisme. Il est fourni principalement par notre alimentation sous deux formes : les sucres dits « rapides » dont le goût est sucré, et les sucres dits « lents », qui sont contenus dans les féculents.
C'est l'insuline, une substance fabriquée par le pancréas, qui règle la consommation de sucre de notre organisme. C'est l'insuline qui permet notamment de maintenir un taux de sucre constant dans le sang, même entre les repas.
Le taux de sucre dans le sang est appelé glycémie. La glycémie mesurée à jeun est normalement comprise entre 0.70 et 1.10 g /l (gramme par litre).
Le diabète est un taux de sucre trop élevé dans le sang (hyperglycémie). Ceci survient quand le pancréas devient incapable de fabriquer de l'insuline et/ou quand notre organisme est moins sensible à l'insuline qu'il produit.
Selon les normes internationales, une personne est considérée comme diabétique quand sa glycémie dépasse 1.26 grammes par litre à jeun (taux confirmée par deux mesures).
Quel diabétique êtes-vous ?
Il existe deux variétés de diabète : le diabète de type 1 et le diabète de type 2.
Le diabète de type 1 est une incapacité du pancréas à fabriquer l'insuline, l'hormone qui règle la consommation de sucre dans l'organisme. Le traitement consiste essentiellement à donner l'insuline, c'est pourquoi on appelle souvent ce diabète insulino-dépendant. Le diabète de type 1 est une maladie qui se déclare le plus souvent dès l'enfance.
Le diabète de type 2 est essentiellement une diminution de la sensibilité de l'organisme à l'insuline. Cette dernière continue à être fabriquée par le pancréas, mais elle perd peu à peu de son efficacité. Dans certains cas, la production d'insuline par le pancréas peut aussi se révéler insuffisante. Cette forme de diabète est beaucoup plus répandue que le diabète de type 1. Le diabète de type 2 se développe surtout chez les personnes d'âges mûrs ou chez les personnes qui ont tendance à l'obésité.
Quelle que soit la forme de diabète dont vous souffrez, la conséquence est la même : un excès de sucre dans le sang. Cet excès, même modeste, est nuisible pour l'organisme et en particulier pour les vaisseaux sanguins et différents organes comme le cour, les reins, les yeux...
Attention aux complications multiples !
Dans le diabète, les vaisseaux sanguins sont particulièrement touchés. Les complications liées à l'atteinte de ces vaisseaux, peuvent être de deux types : microangiopathie (atteinte des petits vaisseaux des yeux, du rein, des extrémités des membres...) et macroangiopathie (atteinte des gros vaisseaux qui alimentent le cour, le cerveau et les jambes). Les complications macrovasculaires (accident vasculaire cérébral, artérite des membres inférieurs...) sont les principales complications du diabète de type 2 car responsables de plus de la moitié des décès.
Le risque de maladie cardiovasculaire est le premier danger auquel sont exposés les diabétiques.
Au niveau du cour :
Le risque d'accident cardiaque est multiplié chez les diabétiques : par 2 chez l'homme et par 3 chez la femme.
Chez un diabétique, le risque d'accident cardiaque est le même que chez une personne non diabétique qui a déjà eu un infarctus.
Les diabétiques sont davantage exposés au risque d'insuffisance cardiaque (incapacité du muscle cardiaque à assurer son travail habituel).
Au niveau des membres inférieurs :
Un diabète mal équilibré peut entraîner deux types de complications :
D'une part, une atteinte des nerfs ou neuropathie. Cela se manifeste par des symptômes variés, comme la diminution progressive de la sensibilité au chaud et froid...
D'autre part, une atteinte des vaisseaux des jambes qui se traduit par des douleurs à la marche et l'apparition d'ulcères de jambes qu'il faut traiter afin de prévenir un risque de gangrène.
Les vaisseaux d'autres organes :
Ils peuvent également être endommagés. Il s'agit essentiellement des petits vaisseaux de la rétine et des reins (microangiopathie).
Ainsi, dans les cas extrêmes, le diabète peut conduire à une cécités ou à une insuffisance rénale chronique nécessitant à terme le recours à une dialyse voire une transplantation rénale.
Par ailleurs, le diabète favorise la survenue d'infections à répétition, comme des infections de la peau, des infections urinaires ou des infections bucco-dentaires.
Pour prévenir toutes ces complications (microangipathie et macroangiopathie) chez un patient diabétique, l'objectif du traitement sera double :
maintenir un équilibre du taux de sucre dans le sang
lutter contre les autres facteurs de risque cardiovasculaire comme l'hypertension artérielle, l'excès de cholestérol, le tabagisme qui, associés au diabète, multiplient le risque de complications.
Face au risque, la vigilance s'impose !
Le diabète de type 1, qui survient dans l'enfance, ne passe jamais inaperçu. En revanche, le diabète de type 2 qui se développe à l'âge adulte peut très facilement se faire oublier.
Un diabète de type 2 peut s'installer sans crier gare et évoluer à partir de la trentaine, ou même plus tôt, s'il existe une prédisposition familiale à ce genre de problème. Vous devez être particulièrement vigilant si vous avez des membres de votre famille qui sont déjà diabétiques ou bien si vous avez tendance à l'embonpoint.
En effet le diabète de type 2 semble lié à notre vie, en particulier à l'inactivité physique et surtout à une mauvaise alimentation, trop riche en calories, en graisses et en sucres rapides. Cette forme de diabète est de plus en plus fréquente dans nos sociétés occidentales.
A partir de la quarantaine, faites-vous doser régulièrement la glycémie à jeun, surtout si vous êtes exposés au risque.
Le diagnostic précoce d'un diabète permet une prise en charge rapide et limite ainsi les risques de complications au long cours.
Regardez les affirmations qui vous correspondent
Evaluez votre risque de diabète :
- J'ai entre 45 et 64 ans
- J'ai moins de 65 ans et je n'ai pratiquement pas d'activité physique
- J'ai plus de 65 ans
- Mon poids est supérieur à ce qu'il devrait être par rapport à ma taille (voir la rubrique « calcul du poids idéal »)
- J'ai un parent diabétique
- J'ai un frère ou une soeur diabétique
- Je suis une femme qui a eu des bébés pesant plus de 4 kilos à la naissance
Plus le nombre d'affirmations est important, plus la probabilité de survenue d'un diabète est grande.
La prise en charge du patient diabétique doit être personnalisée et prendre en compte impérativement, en plus de son diabète, l'ensemble des facteurs de risque cardiovasculaire éventuellement (comme l'excès de cholestérol, l'hypertension artérielle, le tabagisme...).
Comment traiter le diabète ?
Le contrôle du diabète peut être obtenu :
en adoptant de bonnes habitudes d'hygiène de vie (régime alimentaire et exercice physique) qui devront toujours être maintenues.
Si nécessaire, dans un deuxième temps, grâce à des médicaments appropriés prescrit par votre médecin.
L'hygiène de vie
Réduisez votre excès de poids
Surpoids et diabète de type 2 sont étroitement liés. Une perte de poids de 5 à 15 % par rapport au poids maximal est un objectif raisonnable, bénéfique pour votre santé. Il sera recommandé de corriger quelques excès portant sur la consommation de graisses, de sucres et de boissons alcoolisées et de réduire l'apport calorique quotidien.
Veillez à la qualité de votre alimentation
Consommation des aliments sucrés :
Les sucres ou les glucides doivent constituer une part importante de l'alimentation des diabétiques, à savoir environ la moitié de la ration calorique quotidienne. Les apports doivent se faire essentiellement sous formes de sucres « lents » (pain, pâtes, riz, autres féculents) et dans une moindre mesure sous formes de sucres « rapides » (fruits en quantité modérée).
Consommation des graisses :
Il est conseillé de diminuer préférentiellement les graisses d'origine animale (viande grasses, charcuterie, fromages, beurre, ...) mais aussi les aliments riches en gras (fritures, pâtisseries, glaces, ...) et de favoriser les modes de cuisson sans graisse.
Consommation des boissons alcoolisées :
Une consommation est autorisée dans la mesure où elle reste modérée et au cours des repas (environ 2 verres de vin par jour). Il sera bien sûr nécessaire de prendre en compte l'apport calorique correspondant...
Soyez actif physiquement
Une activité physique régulière est conseillée correspondant à 30 à 60 minutes d'exercice à bon rythme (marche rapide, vélo, natation, ...) au moins deux à trois fois par semaine.
Cette activité sera adaptée aux possibilités de chacun.
Réduisez ou mieux supprimez votre consommation de tabac
Le tabac exerce un effet extrêmement néfaste sur les parois des artères. C'est un facteur de risque cardiovasculaire majeur.
Le rôle des médicaments
Si cela est nécessaire, des médicaments efficaces vous seront prescrits par votre médecin pour améliorer encore votre glycémie. Les habitudes d'hygiène de vie restent indispensables et devront bien sûr être maintenues
Dans le diabète de type 1, le traitement consiste à apporter artificiellement l'insuline que le pancréas ne peut plus fabriquer. Il s'agit pour l'instant d'un traitement par injections sous-cutanées.
Dans le diabète de type 2, le traitement consiste à administrer des médicaments hypoglycémiants sous forme de comprimés. Il en existe plusieurs variétés qui peuvent être associer entre elles :
les sulfamides hypoglycémiants qui agissent sur le pancréas et augmentent la sécrétion d'insuline.
Les biguanides qui améliorent l'action de l'insuline en augmentant la sensibilité de l'organisme à cette hormone.
Les inhibiteurs des glucosidases intestinales qui retardent et diminuent l'absorption intestinale des glucides apportés par l'alimentation.
Dans certains cas, lorsque les médicaments hypoglycémiants ne suffisent plus, le médecin prescrira de l'insuline pour améliorer encore l'équilibre glycémique.
Il existe une relation directe entre le taux de sucre dans le sang et le risque de complications.
Tout effort visant à ramener la glycémie vers la normale est bénéfique.
Evaluation de l'efficacité de votre traitement : un bon repère l'hémoglobine glyquée.
L'hémoglobine est une protéine présente dans les globules rouges ; son rôle est de transporter l'oxygène et de permettre l'élimination du gaz carbonique ; l'hémoglobine peut fixer le sucre. Plus il y a de sucre dans le sang et plus la quantité d'hémoglobine fixant le sucre est importante. Aussi ce composé mixte hémoglobine-sucre est appelé « hémoglobine glyquéee » (ou HbA1c) est exprimé en pourcentage de l'hémoglobine totale.
Chez un patient diabétique, l'objectif est d'obtenir un pourcentage d'HbA1c inférieur ou égal à 6.5 %.
Le dosage de l'hémoglobine glyquée reflète l'équilibre glycémique des deux à trois mois qui précèdent. Alors que le taux de sucre sanguin représente une photo instantanée de l'équilibre glycémique, le dosage de l'hémoglobine glyquée est comme un film retraçant ce qui s'est passé dans les semaines précédentes. Cela constitue une information précieuse pour le suivi du diabétique.
